L’assurance santé pour chien représente aujourd’hui un investissement stratégique pour tout propriétaire soucieux du bien-être de son compagnon. Pourtant, au moment de choisir une formule, nombreux sont ceux qui se perdent dans les mécanismes de remboursement, notamment concernant la franchise. Ce paramètre contractuel, souvent mal compris, détermine pourtant directement le montant que vous débourserez réellement lors d’une consultation vétérinaire. Entre franchise fixe, proportionnelle ou temporelle, les variations sont nombreuses et peuvent significativement modifier votre reste à charge. Comprendre précisément ce mécanisme vous permettra d’éviter les mauvaises surprises et d’optimiser votre protection financière face aux frais vétérinaires imprévus.

Définition et mécanisme de la franchise en assurance canine

La franchise constitue la partie des frais vétérinaires qui demeure à votre charge, même après intervention de votre assureur. Ce montant non remboursé s’applique selon des modalités variables d’un contrat à l’autre. Contrairement à une idée reçue, la franchise ne représente pas une pénalité, mais un mécanisme d’équilibre permettant aux compagnies d’assurance de proposer des cotisations plus accessibles. En acceptant de prendre en charge une portion des dépenses, vous bénéficiez généralement de primes mensuelles réduites. La franchise influence directement le coût total de votre assurance chien et détermine votre capacité à absorber financièrement les petits incidents du quotidien.

La franchise absolue ou fixe : montant déductible systématique

La franchise absolue correspond à un montant prédéfini qui sera systématiquement déduit de chaque remboursement. Par exemple, avec une franchise fixe de 50 euros, quelle que soit la facture vétérinaire, ce montant sera retranché avant tout remboursement. Si votre consultation coûte 80 euros et que votre taux de remboursement est de 80%, l’assureur calculera d’abord 80% de 80 euros (soit 64 euros), puis déduira les 50 euros de franchise, vous laissant un remboursement final de seulement 14 euros. Ce système s’avère particulièrement adapté aux propriétaires dont le chien nécessite peu de consultations annuelles.

La franchise relative : seuil d’intervention de l’assureur

La franchise relative fonctionne selon un principe de seuil minimum. L’assureur n’intervient que si les frais vétérinaires dépassent un montant déterminé. Si la facture est inférieure à ce seuil, aucun remboursement n’est effectué. En revanche, dès que le montant dépasse la franchise, la totalité des frais est remboursée selon le taux contractuel. Ce mécanisme reste relativement rare dans les assurances pour chien, mais peut s’avérer intéressant pour les propriétaires privilégiant une protection contre les gros sinistres uniquement.

La franchise proportionnelle : pourcentage appliqué sur les frais vétérinaires

Avec une franchise proportionnelle, un pourcentage fixe des frais reste systématiquement à votre charge. Si votre contrat prévoit une franchise de 20%, vous supporterez toujours 20% du montant total, l’assureur prenant en charge les 80% restants. Cette formule présente l’avantage d’être prévisible : vous savez instantanément quelle part vous devrez régler. Pour une intervention chirurgicale de 1500 euros avec une franchise de 20%, vous pa

ours devrez régler vous-même 300 euros, et l’assurance pour chien en remboursera 1200. Beaucoup d’assureurs animaliers utilisent en réalité ce mécanisme, parfois sans le nommer explicitement, en parlant de « taux de prise en charge » de 60 %, 80 % ou 90 %.

La franchise proportionnelle est intéressante si vous recherchez une visibilité immédiate sur votre reste à charge, notamment pour les gros sinistres. En revanche, elle pèse davantage sur les petits soins répétés (consultations, bilans, renouvellements de traitement). Avant de choisir cette option, interrogez-vous sur le profil de santé de votre chien et sur la fréquence probable de ses passages chez le vétérinaire.

La franchise temporelle ou délai de carence post-souscription

On parle de franchise temporelle pour désigner le délai de carence, c’est-à-dire la période pendant laquelle les garanties de votre assurance chien ne s’appliquent pas encore. Concrètement, après la souscription, vous êtes bien assuré, mais certains postes de soins (maladies, chirurgies, pathologies lourdes) ne sont pas remboursés pendant quelques jours à plusieurs mois. Cette période varie selon les assureurs et selon la nature des actes : accidents souvent couverts dès 48 à 72 heures, maladies après 30 à 60 jours, chirurgies complexes parfois après 6 mois.

Cette forme de franchise ne se traduit pas par un montant déduit, mais par une absence totale de remboursement si le sinistre survient pendant la carence. C’est pourquoi il est fortement recommandé de souscrire une assurance santé pour chien avant l’apparition des premiers symptômes, et idéalement dès le plus jeune âge. À la différence des franchises financières (fixe ou proportionnelle), le délai de carence ne réduit pas le coût de la cotisation : il sécurise plutôt l’assureur contre les souscriptions opportunistes au moment où la maladie est déjà déclarée.

Calcul du remboursement avec franchise : exemples chiffrés concrets

Comprendre la franchise en assurance chien reste théorique tant que l’on ne met pas de chiffres concrets sur les mécanismes de remboursement. Dans la pratique, plusieurs paramètres se combinent : montant de la facture, type de franchise (fixe ou proportionnelle), taux de remboursement et éventuel plafond annuel. Pour vous aider à visualiser votre futur reste à charge, examinons plusieurs scénarios typiques : consultation simple, chirurgie lourde, maladie chronique et soins préventifs.

Scénario consultation vétérinaire standard à 80 euros avec franchise de 50 euros

Imaginons une formule d’assurance chien avec un taux de remboursement de 80 % et une franchise fixe de 50 euros par acte. Vous consultez le vétérinaire pour une gastro-entérite bénigne : la facture totale s’élève à 80 euros (consultation + médicaments). Comment se calcule le remboursement ? L’assureur applique d’abord le taux de prise en charge sur le montant total : 80 % de 80 euros = 64 euros. Puis il déduit la franchise de 50 euros. Le remboursement final est donc de 14 euros, et votre reste à charge s’élève à 66 euros.

Dans ce cas précis, l’avantage de l’assurance santé pour chien semble limité, car la franchise représente une part importante de la dépense. Ce type de configuration (franchise élevée par acte) est plutôt adapté si vous anticipez des sinistres occasionnels, mais coûteux (chirurgie, hospitalisation), et peu de petites visites de routine. Si votre chien a tendance à consulter régulièrement pour des troubles digestifs, des allergies ou des otites, mieux vaut opter pour une franchise plus basse ou une franchise annuelle unique.

Chirurgie d’une fracture à 1200 euros avec franchise proportionnelle de 20%

Autre scénario : votre chien se fracture la patte lors d’une chute, entraînant une chirurgie avec hospitalisation pour un montant total de 1200 euros. Votre contrat d’assurance chien prévoit une franchise proportionnelle de 20 %, ce qui revient à un taux de remboursement de 80 % dans la limite du plafond annuel. Le calcul est ici plus simple : 20 % du montant restent à votre charge, soit 240 euros, et 960 euros sont remboursés par l’assureur.

Dans un tel cas, l’intérêt de l’assurance est évident : sans couverture, vous auriez dû avancer 1200 euros, somme que beaucoup de foyers auraient du mal à régler en une seule fois. Avec une franchise proportionnelle, votre reste à charge est significatif, mais supportable. Ce type de configuration convient bien aux propriétaires qui veulent se protéger contre les gros aléas de la vie (accidents, chirurgies) sans forcément viser un remboursement maximal des petits soins. En revanche, n’oubliez pas de vérifier le plafond annuel : si d’autres dépenses ont déjà été remboursées dans l’année, le montant pris en charge peut être limité malgré un taux théorique de 80 %.

Traitement d’une maladie chronique : impact cumulatif annuel de la franchise

Les maladies chroniques (allergies cutanées, insuffisance cardiaque, problèmes articulaires, épilepsie, etc.) génèrent des dépenses régulières : consultations de suivi, bilans sanguins, traitements de longue durée. Dans ce contexte, la manière dont la franchise est appliquée (par acte ou annuelle) fait une énorme différence sur votre budget. Prenons l’exemple d’un chien souffrant d’arthrose, nécessitant 6 consultations annuelles à 70 euros chacune, soit 420 euros par an.

Avec une franchise fixe de 30 euros par acte et un remboursement à 80 %, la part remboursable par facture est de 56 euros (80 % de 70 euros), puis l’on déduit 30 euros de franchise : l’assureur verse donc 26 euros par consultation, soit 156 euros sur l’année. Votre reste à charge global atteint 264 euros. À l’inverse, avec une franchise annuelle unique de 90 euros, déduite lors de la première facture, le calcul change : sur la première facture, 56 euros – 90 euros = 0 euro remboursé (car on ne peut pas rembourser un montant négatif) et la franchise est entièrement consommée. Les 5 consultations suivantes sont remboursées à hauteur de 56 euros chacune, soit 280 euros sur l’année. Votre reste à charge annuel n’est plus que de 140 euros. On voit bien ici que, pour une maladie chronique, une franchise annuelle est nettement plus avantageuse qu’une franchise par acte.

Soins préventifs et vaccination : application ou exemption de franchise

Qu’en est-il des soins préventifs (vaccins, vermifuges, antiparasitaires, stérilisation de confort) ? De nombreux contrats d’assurance chien prévoient un forfait prévention annuel, parfois appelé « budget prévention » ou « pack bien-être ». Ce forfait, généralement compris entre 30 et 150 euros par an selon les assureurs, fonctionne de manière distincte de la franchise : il vient rembourser tout ou partie des frais dits « prévisibles », sans application de franchise, tant que le montant du forfait n’est pas épuisé.

Autrement dit, lorsque vous utilisez votre budget prévention pour une vaccination ou un antiparasitaire, la franchise financière ne s’applique pas. Ce mécanisme est particulièrement intéressant pour lisser votre budget santé animal sur l’année et optimiser votre assurance pour chien. En revanche, si vous dépassez le montant du forfait prévention et que votre contrat couvre encore certains soins préventifs au-delà de ce plafond, il est possible qu’une franchise soit alors appliquée sur la partie excédentaire. Là encore, la lecture attentive des conditions générales est indispensable pour éviter les surprises.

Variations tarifaires selon les formules d’assurance chien

La manière dont la franchise est structurée dépend étroitement de la gamme choisie : formule économique, intermédiaire ou premium. Plus la franchise est élevée, plus la cotisation mensuelle a tendance à baisser, et inversement. Pour comparer efficacement les offres d’assurance chien, il ne suffit donc pas de regarder le pourcentage de remboursement affiché : il faut mettre en regard la franchise, le plafond annuel et le niveau de couverture (accidents seuls, accidents + maladies, prévention, etc.).

Formule économique chez santévet : franchise élevée et cotisation réduite

Les formules dites « économiques » ou « essentielles » proposées par certains assureurs, comme Santévet sur ses entrées de gamme, misent généralement sur une franchise annuelle non négligeable et un plafond de remboursement plus limité. L’idée est simple : offrir une protection de base accessible, principalement contre les gros coups durs, tout en maintenant un prix de cotisation attractif. Typiquement, on peut trouver une franchise annuelle autour de 100 euros, un taux de remboursement de 60 à 70 % et un plafond compris entre 1000 et 1500 euros par an.

Ces formules conviennent aux propriétaires dont le budget mensuel est restreint, mais qui souhaitent malgré tout une sécurité minimale en cas d’accident grave ou de chirurgie imprévue. En revanche, si votre chien consulte fréquemment pour de petits bobos ou souffre d’une pathologie chronique, le poids de la franchise annuelle et le plafond parfois vite atteint peuvent rendre l’assurance moins rentable sur le long terme. Il faut donc bien évaluer le rapport entre la cotisation économisée et le reste à charge probable.

Formule premium bulle bleue : franchise minimale et couverture maximale

À l’autre extrémité du spectre, certaines assurances premium comme Bulle Bleue (ou équivalents chez d’autres assureurs) misent sur une franchise très faible, voire inexistante sur certaines garanties, et une couverture large : accidents, maladies, chirurgie, imagerie avancée, soins de fin de vie, voire médecines douces. Le plafond annuel de remboursement peut alors dépasser les 2500 à 3000 euros, avec des taux de prise en charge allant jusqu’à 90 ou 100 % selon les options.

Dans ces formules haut de gamme, la franchise en assurance chien devient un paramètre secondaire, car elle pèse peu sur chaque remboursement. En contrepartie, la cotisation mensuelle est plus élevée, souvent entre 40 et 60 euros pour un chien adulte, selon la race et l’âge. Ce type de couverture intéresse particulièrement les propriétaires de chiens de races prédisposées à des pathologies coûteuses (dysplasie, cardiopathies, problèmes dermatologiques sévères) ou ceux qui souhaitent « médicaliser » au maximum le suivi de leur animal, sans se limiter pour des raisons financières au moment de consulter.

Offres intermédiaires assur O’Poil et SelfAssurance : équilibre franchise-prime

Entre ces deux extrêmes, plusieurs acteurs comme Assur O’Poil ou des assureurs mutualistes type SelfAssurance proposent des formules intermédiaires qui cherchent à trouver un juste milieu entre franchise, cotisation et niveau de garanties. On y retrouve souvent un choix de taux de remboursement (60, 80 ou 100 %), une franchise annuelle modulable (par exemple 75, 100 ou 150 euros) et des plafonds situés autour de 1800 à 2500 euros par an.

Le principe est de laisser au propriétaire la possibilité d’ajuster lui-même le curseur : plus il accepte une franchise élevée, plus la prime mensuelle diminue. À l’inverse, en optant pour une franchise plus faible, il paye un peu plus cher chaque mois, mais réduit son reste à charge lors des soins. Ce type de formule est adapté aux propriétaires qui connaissent bien le profil de santé de leur chien et qui souhaitent personnaliser leur assurance animale. L’important est de simuler plusieurs combinaisons franchise / taux de remboursement pour estimer le coût global sur une année moyenne de santé, plutôt que de se focaliser uniquement sur la cotisation mensuelle.

Stratégies d’optimisation du rapport franchise-remboursement

Choisir la bonne franchise en assurance chien ne se résume pas à « prendre la plus basse possible ». Comme pour une assurance auto, tout est question d’équilibre entre ce que vous payez chaque mois et ce que vous êtes prêt à assumer en cas de sinistre. Pour optimiser ce rapport franchise-remboursement, plusieurs paramètres doivent être pris en compte : race et prédispositions de votre chien, âge, mode de vie, fréquence probable des consultations et capacité de votre foyer à absorber un reste à charge ponctuel.

Profil de santé du chien : races prédisposées aux pathologies coûteuses

Toutes les races de chiens ne présentent pas le même niveau de risque. Certaines, comme le Berger Allemand, le Labrador ou le Golden Retriever, sont connues pour leurs prédispositions à la dysplasie de la hanche ou du coude, pathologies potentiellement très coûteuses en soins et en chirurgie. D’autres, comme le Bouledogue Français ou le Carlin, peuvent cumuler problèmes respiratoires, dermatologiques et digestifs. Dans ces situations, opter pour une franchise annuelle modérée et un taux de remboursement élevé est souvent plus pertinent.

À l’inverse, un chien de petite taille, sans prédisposition particulière, vivant principalement en intérieur et sans activité sportive intense (type Bichon, Shih Tzu en bonne santé, croisé robuste) présente statistiquement moins de risques de pathologies lourdes. Dans ce cas, une franchise un peu plus élevée peut être acceptable, surtout si elle permet de réduire sensiblement la prime. L’idée est de raisonner comme un assureur : plus votre chien est exposé à des frais importants, plus il est intéressant d’investir dans une franchise faible et une bonne couverture.

Fréquence anticipée des consultations vétérinaires selon l’âge canin

L’âge de votre chien influence fortement le nombre et la nature des consultations. Un chiot ou un jeune adulte en bonne santé consulte principalement pour les vaccins, les rappels, la stérilisation de confort et quelques bobos liés à sa curiosité. À partir de 7 ou 8 ans, selon la race, les consultations de suivi (bilan sanguin annuel, check-up cardiaque, surveillance de l’arthrose, dépistage de tumeurs) deviennent plus fréquentes, même en l’absence de maladie avérée.

Si vous assurez un chiot ou un jeune chien, vous pouvez envisager au départ une franchise un peu plus élevée et un plafond moyen, surtout si votre budget est serré. En revanche, à l’approche de la séniorité, il est souvent pertinent de revoir votre contrat et, si possible, d’augmenter le niveau de couverture et de réduire la franchise. Même si la cotisation augmente, vous amortirez plus facilement ce surcoût grâce à la multiplication des actes de soins et des examens. Pensez à demander à votre assureur s’il est possible de faire évoluer la franchise en cours de contrat, et à quelles conditions.

Arbitrage entre franchise annuelle unique et franchise par acte

L’un des arbitrages les plus structurants en assurance santé pour chien concerne le choix entre franchise annuelle et franchise par acte. Comme nous l’avons vu plus haut, la franchise annuelle est particulièrement avantageuse si votre chien consulte régulièrement, ou s’il développe une pathologie chronique. Une fois la franchise consommée sur la première ou la deuxième facture de l’année, tous les remboursements suivants sont versés sans déduction supplémentaire.

La franchise par acte, en revanche, peut devenir pénalisante lorsque les visites s’enchaînent : à chaque consultation, une somme fixe vient rogner la part remboursée. Elle peut toutefois être intéressante si votre objectif est de vous couvrir essentiellement contre un sinistre majeur occasionnel (accident grave, chirurgie unique), et que vous acceptez de supporter seul les petites dépenses du quotidien. Avant de trancher, posez-vous cette question : « Mon chien consulte-t-il plutôt 1 ou 2 fois par an, ou 5 à 6 fois par an ? ». La réponse oriente très clairement le choix du type de franchise le plus économique pour vous sur la durée.

Clauses contractuelles spécifiques et pièges à éviter

Même lorsque l’on a bien compris le principe de la franchise en assurance chien, certains détails contractuels peuvent encore réserver des surprises. Franchise dégressive, exclusions de remboursement, sous-plafonds par type d’acte : autant de subtilités qui influencent le montant réellement versé par l’assureur. Une lecture attentive des conditions générales, avant la signature, reste la meilleure arme pour sécuriser votre budget santé animal.

Franchise dégressive : mécanisme de réduction progressif chez certains assureurs

Certains contrats d’assurance pour chiens proposent une franchise dégressive. Le principe : si vous ne déclarez pas de sinistre pendant un an ou plusieurs années consécutives, le montant de votre franchise diminue progressivement, voire disparaît totalement au bout d’un certain temps. Ce système récompense la « bonne santé » du chien et la faible sinistralité du contrat, un peu comme un bonus en assurance auto.

Sur le papier, ce mécanisme est séduisant : il vous incite à ne pas déclarer les tout petits frais pour conserver ou améliorer votre niveau de franchise. En pratique, il faut toutefois rester vigilant : il serait contre-productif de renoncer systématiquement à un remboursement de 200 ou 300 euros juste pour préserver une diminution future de franchise de 30 ou 40 euros. La franchise dégressive doit être perçue comme un bonus de confort, pas comme l’objectif principal de votre stratégie de gestion des soins.

Exclusions de remboursement malgré paiement de la franchise

Un piège fréquent consiste à croire que, dès lors que l’on paie une franchise, l’assureur est forcément tenu de rembourser le reste. Or, la franchise ne donne pas droit au remboursement : elle s’applique uniquement sur les actes couverts par le contrat. Si un soin entre dans une exclusion (maladie congénitale non couverte, pathologie antérieure à la souscription, acte de confort non médicalement justifié, gestation non accidentelle, absence de vaccin obligatoire, etc.), aucun remboursement n’interviendra, même si vous étiez prêt à supporter la franchise.

C’est ici que la lecture de la liste des exclusions prend tout son sens. Avant de signer, vérifiez si les maladies héréditaires spécifiques à la race de votre chien sont prises en charge, si les soins dentaires ou les actes de reproduction sont couverts, et dans quelles limites. Une bonne assurance chien ne se juge pas seulement à sa franchise et à son pourcentage de remboursement, mais aussi à l’étendue réelle des actes acceptés.

Plafonds annuels de garantie combinés à la franchise déductible

La franchise se combine toujours avec un autre paramètre clé : le plafond annuel de remboursement. Même avec une franchise faible et un taux de prise en charge élevé, votre indemnisation reste limitée par ce plafond. Une fois le montant maximal atteint sur l’année contractuelle, l’assureur ne rembourse plus rien, même si vous continuez à payer vos cotisations et à vous acquitter de la franchise sur de nouvelles factures.

Imaginons un plafond annuel de 2000 euros, une franchise annuelle de 75 euros et un taux de remboursement de 80 %. Une série de soins coûteux (examen, chirurgie, hospitalisation, rééducation) vous conduit à atteindre les 2000 euros remboursés en septembre. Toutes les dépenses vétérinaires engagées ensuite jusqu’à la date anniversaire de votre contrat resteront à votre charge, franchise incluse. C’est pourquoi il est essentiel d’évaluer ce plafond au regard du profil de votre chien : pour un animal jeune et robuste, un plafond moyen peut suffire, alors qu’un chien âgé ou fragile nécessitera un plafond plus élevé pour éviter un « trou de garantie » en fin d’année.

Cas pratiques de remboursement par pathologie fréquente

Pour rendre encore plus concret le fonctionnement de la franchise en assurance chien, rien de tel que quelques cas pratiques liés à des pathologies malheureusement fréquentes. Dysplasie de la hanche, torsion de l’estomac, otites chroniques : au-delà de leur impact sur le bien-être de l’animal, ces affections ont un coût non négligeable. Voyons comment la franchise, le plafond et le taux de remboursement interagissent dans ces situations.

Dysplasie de la hanche chez le berger allemand : coûts et franchise applicable

La dysplasie de la hanche est une pathologie articulaire fréquente chez les grandes races comme le Berger Allemand. Elle nécessite souvent des radiographies, des consultations spécialisées, des traitements anti-douleur au long cours, voire une chirurgie (prothèse totale de hanche) lorsque la maladie est avancée. Le coût global peut facilement atteindre plusieurs milliers d’euros sur la vie du chien.

Imaginons un Berger Allemand assuré dès son plus jeune âge, avant l’apparition de tout symptôme, avec une formule prévoyant 80 % de remboursement, une franchise annuelle de 100 euros et un plafond annuel de 2500 euros. La première année de diagnostic, les dépenses s’élèvent à 1800 euros (bilan complet, radiographies, traitements). Le calcul est le suivant : 80 % de 1800 euros = 1440 euros, moins 100 euros de franchise annuelle, soit 1340 euros remboursés. Votre reste à charge est de 460 euros. Les années suivantes, avec un traitement de fond et deux consultations de contrôle par an pour un total de 600 euros, l’assureur remboursera 80 % de 600 euros (480 euros), moins les 100 euros de franchise annuelle sur la première facture de l’année, soit 380 euros remboursés et 220 euros à votre charge.

On comprend alors l’enjeu d’une bonne assurance pour chien de grande race : sans couverture adaptée, certains propriétaires sont contraints de renoncer à des chirurgies pourtant fortement amélioratrices de confort, faute de moyens. À l’inverse, une formule bien calibrée avec une franchise raisonnable et un plafond confortable permet d’envisager ces prises en charge avec davantage de sérénité.

Torsion gastrique du dogue allemand : urgence chirurgicale et reste à charge

La torsion dilatation de l’estomac (ou retournement d’estomac) est une urgence vitale fréquente chez les grands chiens à thorax profond, comme le Dogue Allemand. Elle impose une intervention chirurgicale en urgence, souvent de nuit ou en week-end, assortie d’une hospitalisation intensive. La facture peut rapidement atteindre 1500 à 2500 euros, selon la clinique et les complications éventuelles.

Supposons un contrat d’assurance chien avec une franchise proportionnelle de 20 %, un plafond annuel de 3000 euros et une absence de franchise fixe. Pour une facture de 2000 euros, l’assureur indemnisera 80 % du montant, soit 1600 euros, et 400 euros resteront à votre charge. Si votre chien n’avait eu aucun autre soin remboursé dans l’année, le plafond de 3000 euros ne serait pas atteint, et vous bénéficieriez du remboursement intégral théorique (1600 euros). En revanche, si vous aviez déjà consommé 1800 euros de plafond pour d’autres pathologies, il ne resterait que 1200 euros disponibles : l’assureur ne pourrait donc rembourser que cette somme, et votre reste à charge grimperait à 800 euros.

Ce cas illustre bien l’importance de ne pas se focaliser uniquement sur la franchise au moment de choisir une assurance santé pour chien. Un plafond trop bas peut limiter fortement la portée de votre couverture en cas de pathologie lourde ou d’année particulièrement chargée en soins.

Otite chronique du cocker spaniel : traitement récurrent et franchise annuelle

Les Cockers Spaniels et certaines autres races à oreilles tombantes sont sujets aux otites récurrentes. Ces inflammations du conduit auditif nécessitent consultations répétées, nettoyages, prélèvements, analyses et traitements locaux, parfois sur plusieurs mois. Individuellement, chaque épisode ne représente pas un montant très élevé, mais cumulés, les coûts annuels peuvent devenir significatifs.

Imaginons un Cocker couvert par une assurance chien avec un taux de remboursement de 70 %, une franchise annuelle de 80 euros et un plafond annuel de 2000 euros. Sur une année, il subit 4 épisodes d’otite, pour un total de 400 euros de frais vétérinaires (100 euros par épisode). Le calcul se fait ainsi : 70 % de 400 euros = 280 euros théoriques de remboursement. La première demande de remboursement de l’année entraîne la déduction de la franchise annuelle de 80 euros : 280 – 80 = 200 euros effectivement remboursés sur l’année. Votre reste à charge est donc de 200 euros, soit la moitié du coût total.

Si la franchise avait été appliquée par acte, par exemple 25 euros par consultation, le remboursement aurait été beaucoup moins intéressant : sur chaque facture de 100 euros, la part remboursable (70 euros) aurait été réduite de 25 euros, soit 45 euros remboursés par épisode, pour un total de 180 euros sur l’année. Votre reste à charge serait alors passé à 220 euros, davantage que dans le cas de la franchise annuelle. Ce type de pathologie chronique, faite de « petits » soins répétés, montre combien la structure de la franchise influe concrètement sur la rentabilité de votre assurance santé pour chien.